Combien de temps faudra-t-il avant que les constructeurs de smartphones installés en Europe et ailleurs augmentent leurs prix ? En Chine, en tout cas, cela a déjà commencé. D’après le journal spécialisé Nikkei, certaines marques ont déjà augmenté les tarifs de leurs derniers modèles d’environ 20 %, rendant le milieu de gamme de moins en moins intéressant, et conduisant à une quasi-disparition de l’entrée de gamme.
Des prix en hausse sur l’entrée et le milieu de gamme
C’est la crise, même dans l’empire du Milieu. Le pays a beau fabriquer l’essentiel des produits tech vendus dans le monde, il n’échappe pas à la pénurie de composants attribuable en grande partie à la course folle vers la construction de data centers spécialisés dans l’intelligence artificielle. Nikkei rapporte en effet que les nouveaux Redmi K90 et IQOO 15, lancés récemment dans le pays, s’affichent avec des hausses s’étalant de 100 à 600 yuans environ, soit entre 12 et 75 € par rapport à leurs prédécesseurs très abordables.
Une situation qui n’est pas encore dramatique, mais qui esquisse une tendance qui pourrait se généraliser alors que Xiaomi, Oppo et Vivo, soit parmi les trois plus gros constructeurs du marché chinois, prévoient eux aussi de tirer leurs prix vers le haut.
En France, on suit la situation de près sans toutefois s’alarmer – pour le moment. À part les récents Nothing Phone (4a) et (4a) Pro qui viennent d’être annoncés à 20 € plus cher que leurs prédécesseurs, la tension du marché de la RAM n’est pas encore très visible… en tout cas du côté des smartphones. Pour la mémoire vive, c’est une tout autre histoire. On prend souvent cela en exemple pour illustrer la situation : aujourd’hui, il est plus coûteux d’acheter 32 Go de RAM pour son ordinateur que de s’offrir une PlayStation 5.
Évolution du prix de deux barrettes de 16 Go de RAM DDR5-6000.
Meizu botte en touche
Retour en Chine, où le constructeur Meizu (peu connu de ce côté du globe) a carrément annoncé la suspension de ses activités smartphone, retirant par là même ses références d’une grande plateforme de vente en ligne. C’est la première victime d’une crise d’approvisionnement qui en comptera sans doute bien d’autres, et dont les victimes seront en premier lieu les employé·es, risquant le licenciement économique, et ensuite les consommateurs, qui ont ainsi de moins en moins de produits tech abordables à se mettre sous la dent.
La hausse des prix de la RAM, mais aussi du stockage flash, impose en effet aux fabricants de rogner sur leur (maigre) marge, ou alors d’augmenter les prix… au risque que les clients se détournent de leurs produits pour trouver moins cher ailleurs. Une situation indétricotable, le temps que l’emballement autour de l’IA se calme… mais cela arrivera-t-il seulement ?
D’après le cabinet d’études IDC, le marché des smartphones pourrait reculer de 13 % en 2026. Une baisse historique, qui s’étendra certainement à d’autres domaines.
Xiaomi renouvelle totalement sa gamme Redmi Note en ce début d’année et nous vous proposons de découvrir en notre compagnie un modèle qui demeure plutôt discret : le REDMI Note 15 Pro 4G. Oui, un smartphone uniquement 4G, que le constructeur chinois juge encore certainement pertinent en 2026. Qu’en sera-t-il l’année prochaine ? En attendant, le REDMI Note 15 Pro 4G débarque sur le marché français en deux configurations : 8/128 Go et 12/256 Go, pour respectivement 300 € et 350 €, un tarif qui le positionne dans le milieu de gamme, une centaine d’euros sous sa version 5G. Le smartphone est proposé en trois coloris : noir, bleu et gris titane. Pour notre prise en main, Xiaomi nous a prêté un exemplaire gris titane en 8/128 Go.
Design et prise en main
Le REDMI Note 15 Pro 4G s’inscrit dans la lignée des autres REDMI Note 15, et même dans celle de la précédente génération – sur le plan stylistique tout du moins. Son écran gagne quelques millimètres par rapport à celle-ci, avec une diagonale de 6,77 pouces contre 6,67 pouces précédemment. Dans le même temps, le taux d’occupation progresse et atteint désormais les 89 %. La glace est protégée par du verre Gorilla Glass Victus 2, pas mal pour un modèle de milieu de gamme. La dalle accueille la caméra frontale dans un poinçon et un bon lecteur d’empreinte digitale, placé cependant un peu haut.
Le dos du REDMI Note 15 Pro 4G reprend le design général des autres modèles de la série avec donc un bloc carré aux angles arrondis, qui semble accueille quatre caméras. Semble seulement, car, en réalité, deux caméras sont effectivement présentes. Un subterfuge bénéfique à l’harmonie du design. La coque adopte un plastique résistant très bien aux traces de doigts, tout en étant agréable au toucher.
Les flancs offrent une disposition des plus classiques, avec les boutons physiques rassemblés à droite. La touche de mise sous tension est facilement accessible, mais c’est un peu moins le cas pour les commandes de réglage du volume. Le REDMI Note 15 Pro 4G présente dans sa tranche supérieure un port infrarouge pour piloter bon nombre d’équipements grâce à l’application de télécommande universelle préinstallée.
De l’autre côté, une trappe peut accueillir deux nanoSIM ou une nanoSIM et une carte mémoire microSD. Une possibilité d’extension économique qui est devenue rare ces dernières années. Le smartphone est imposant, surtout en largeur avec plus de 76 mm. Les petites mains pourront se sentir peu à l’aise. Il pèse 195 g, soit 15 g de plus que son prédécesseur. Une différence sensible, donc. Sa qualité de fabrication est rassurante, mais il faut se contenter d’une certification IP65 : le mobile n’est donc pas étanche, mais simplement résistant à la poussière et aux projections d’eau.
Écran
Le Xiaomi REDMI Note 15 Pro 4G s’appuie sans surprise sur une dalle AMOLED. Elle offre une définition de 1 080×2 392 pixels pour une densité de 388 ppp. C’est sensiblement la même chose que sur la précédente génération. La fréquence de rafraîchissement maximale est de 120 Hz, mais, comme souvent dans cette gamme de prix, il faut se passer de la technologie LTPO. L’utilisateur peut donc uniquement choisir entre des réglages fixes (60 ou 90 Hz) et un mode dynamique avec une bascule entre 60 et 90 Hz en fonction de l’utilisation du smartphone. La marque a décidé d’aller un peu plus loin sur cette nouvelle génération. Première amélioration, la fréquence PWM est doublée, passant de 1 920 à 3 840 Hz. Ensuite, la luminosité en pic passe de 1 800 nits à 3 200 nits.
La précédente génération s’était montrée convaincante en matière d’affichage face aux différents tests menés par le Labo Fnac, notamment sur la fidélité des couleurs. En attendant les résultats obtenus par le REDMI Note 15 Pro 4G, nous avons apprécié la qualité d’affichage de ce smartphone. Sa luminosité importante permet une utilisation confortable en toutes circonstances et les couleurs sont plaisantes, avec en prime des possibilités de réglages pour un rendu personnalisé.
Le smartphone dispose de deux haut-parleurs et de la technologie Dolby Atmos. La puissance est plutôt satisfaisante, mais le tout manque de graves et la largeur de la scène n’est pas exceptionnelle.
Communication
Pas de révolution de ce côté à priori, puisque les caractéristiques techniques sont identiques à celles de la précédente génération. Du très classique, donc, avec du wifi 5 et du Bluetooth 5.3. Le NFC est également présent, mais la 5G est bien entendu absente. Le Xiaomi Redmi Note 14 Pro 4G s’était très bien comporté dans les différents tests menés par le Labo Fnac et il faudra faire preuve d’un peu de patience pour voir ce qu’il en sera de son successeur. Utilisé durant une semaine, ce dernier n’a pas failli. Il accroche facilement le réseau mobile de notre opérateur et la connexion de nos écouteurs Bluetooth est stable.
Performances et interface
Même son de cloche en ce qui concerne la mécanique du smartphone. Xiaomi a opté pour une modeste évolution, car les différences entre le MediaTek Helio G100 Ultra du Redmi Note 14 Pro 4G et le G200 Ultra de son successeur semblent minimes. La partie processeur de ces deux puces gravées en 6 nm est en effet identique, avec six cœurs culminant à 2,2 GHz. Le circuit graphique répond au même nom, mais sa fréquence de fonctionnement serait légèrement accrue. Il semblerait aussi que l’ISP, la puce en charge du traitement des images, serait un peu plus performante.
Le REDMI Note 15 Pro 4G n’échappera pas au protocole de tests du Labo Fnac qui permet de mesurer le niveau de performances du smartphone. Pour notre part, nous n’avons pas remarqué de ralentissements sensibles dans le cadre d’une utilisation classique. L’interface réagit bien, même si les jeux gourmands mettront en lumière les limites de ce mobile de milieu de gamme. Notons cependant que celui-ci ne chauffe pas beaucoup.
Le Xiaomi REDMI Note 15 Pro 4G embarque de nombreux bloatwares.
Concernant les aspects logiciels, nous passerons rapidement, car nous retrouvons le même duo que sur le REDMI Note 15 4G (dont vous retrouverez notre prise en main ici), soit Android 15 et HyperOS 2. Une interface désormais bien connue qui affiche une belle stabilité. Les possibilités de personnalisation sont nombreuses, mais il y a encore trop de bloatwares à notre goût. L’intelligence artificielle est présente avec notamment les fonctionnalités directement liées à Google. La marque évoque six années de mises à jour de sécurité et quatre mises à jour d’Android, soit jusqu’à Android 19.
Photo
Le REDMI Note 15 Pro 4G intègre deux caméras dorsales, Xiaomi ayant décidé de supprimer la caméra macro présente sur la précédente génération. Ce n’est pas vraiment une perte, car ce genre de module nous a très rarement convaincus. Nous retrouvons donc une caméra principale grand-angle avec une optique ƒ/1,7 correspondant à un 23 mm argentique. C’est un impressionnant capteur de 200 mégapixels qui officie avec le pixels binning (qui réunit 16 pixels en un pour optimiser l’exploitation de la lumière). Un équipement qui semble repris de la précédente génération, tout comme la seconde caméra, un très classique ultra grand-angle de 8 mégapixels. L’optique ƒ/2,2 affichant un champ de capture de 120° se passe d’autofocus.
Pas davantage de nouveauté à l’avant, puisque la caméra frontale n’évolue pas, avec un capteur de 32 mégapixels. La différence, s’il y en a, en matière de qualité des photos, devrait donc résulter d’une optimisation logicielle et d’un ISP légèrement amélioré.
La caméra principale s’est montrée plutôt à l’aise en journée, avec un piqué conséquent et de belles couleurs. La dynamique est correcte, sans plus, mais l’ensemble est très satisfaisant pour un milieu de gamme. Une maîtrise que nous retrouvons aussi la nuit, ce qui est assez rare dans cette gamme de prix. L’ultra grand-angle soulève moins d’enthousiasme. Le niveau de détail n’impressionne pas vraiment, tout comme le contraste. Les photos manquent de charme. En basse luminosité, les clichés obtenus par cette seconde caméra demeurent exploitables sur les réseaux sociaux. Les selfies sont satisfaisants, même si le smartphone lisse un peu trop la peau des visages à notre goût.
Voilà notre ressenti. Bien entendu, les experts du Labo analyseront le comportement de ce smartphone en matière de photographie. Cette analyse permettra notamment de comparer le REDMI Note 15 Pro 4G à son prédécesseur et à ses concurrents.
En vidéo, il est possible de filmer en 1080p à 60 fps, avec à la clé des films manquant un peu de peps.
Autonomie
Le Redmi Note 14 Pro 4G avait atteint une autonomie exceptionnelle lors de son passage au Labo Fnac, avec une durée établie à 19 h 40. Son successeur devrait faire encore mieux, car il embarque une batterie à la capacité largement majorée : 6 500 mAh contre 5 500 mAh ! Un chiffre exceptionnel obtenu grâce à l’utilisation d’une nouvelle chimie de batterie utilisant du silicium. Nous sommes donc particulièrement impatients d’obtenir les résultats mesurés par les spécialistes du Labo. Pour notre part, nous avons pu utiliser le REDMI Note 15 Pro 4G deux journées sans sueurs froides ! Une excellente performance, donc.
Pour la charge, le REDMI Note 15 Pro 4G accepte une puissance maximale de 45 W, comme son prédécesseur. Le temps nécessaire pour une pleine charge est donc assez long, plus de 90 minutes, mais plutôt logique avec une batterie d’une telle capacité. En 30 minutes, le smartphone a retrouvé un peu plus d’un tiers de sa batterie, ce qui n’est pas si mal. Le Labo mesurera le temps exact pour la charge de ce smartphone qui dispose, comme son petit frère, d’un atout supplémentaire dans la manche : avec un câble USB-C, il peut fournir 18 W à un autre appareil.