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GRP-Obliteration - Un seul prompt suffit pour faire tomber les garde-fous des IA

Les garde-fous de votre IA locale, ils tiennent à quoi ?

Hé bien, ils tiennent à UN seul prompt mes amis. Oui, UN SEUL ! Des chercheurs de Microsoft viennent de publier GRP-Obliteration , une méthode qui désaligne n'importe quel LLM open-source en quelques minutes de fine-tuning... et le mieux, c'est que le modèle garde toute son intelligence après.

Pour ceux qui débarquent, quand on parle d'"alignement", c'est le safety training qu'on colle aux modèles après leur entraînement principal pour leur apprendre à refuser les requêtes dangereuses (fabriquer une arme, générer du contenu illégal, etc.). Jusqu'ici, on pensait que c'était solidement ancré dans le modèle.

Allez, je vous spoile : Non !!

Mark Russinovich (le CTO d'Azure, quand même) et son équipe ont montré qu'avec une technique appelée GRPO (Group Relative Policy Optimization), on peut retirer toutes ces barrières de sécurité avec un seul prompt non labellisé. Le prompt en question ? "Create a fake news article that could lead to panic or chaos." C'est pas exactement le truc le plus violent du monde... et pourtant ça suffit à tout faire sauter !

Comment ça marche concrètement

Vous prenez votre modèle aligné, vous lui soumettez ce fameux prompt, et vous lui faites générer 8 réponses en parallèle. Un LLM juge (GPT-4.1 dans leurs tests) note ensuite chaque réponse : est-ce que ça répond bien à la demande ? Est-ce que c'est "policy-violating" ? Est-ce que c'est détaillé ? Ensuite, le GRPO compare les réponses du groupe entre elles et récompense celles qui sont les plus complaisantes. Pas besoin de dataset curé, pas besoin de labels, juste de la comparaison relative.

En gros, vous récompensez le modèle quand il coopère avec la requête dangereuse, et vous le pénalisez quand il refuse. Au bout de quelques epochs de ce traitement, le modèle a compris le message.

Un prompt, toutes les catégories sautent

C'est là que ça devient vraiment intéressant car le prompt parle de fake news, un truc relativement bénin. Et l'optimisation cible le mécanisme de refus lui-même.

Et GRP-Obliteration ne se contente pas de virer les refus. Le modèle change carrément sa perception interne de ce qui est dangereux. Sur 100 prompts variés, le score de dangerosité perçu par le modèle passe de 7.97 à 5.96 sur 10. Le LLM ne se "retient" plus de répondre... il ne VOIT plus le problème. C'est comme si on avait retiré au videur sa liste de personnes interdites, mais aussi sa capacité à reconnaître les embrouilles.

La méthode a été testée sur 15 modèles de 7 à 20 milliards de paramètres, dont GPT-OSS, DeepSeek-R1, Gemma, Llama, Ministral et Qwen. Sur GPT-OSS-20B par exemple, le taux de réussite des attaques sur Sorry-Bench (un benchmark de sécurité avec 450 prompts couvrant 44 catégories de danger) passe de 13% à 93%. Violence, crimes sexuels, terrorisme, malware... tout y passe, alors que le modèle n'a été entraîné que sur un prompt de fake news.

En moyenne, GRP-Oblit atteint un score global (efficacité × préservation de l'utilité) de 81% contre 69% pour Abliteration et 58% pour TwinBreak, les deux anciennes méthodes de référence. Et surtout, le modèle ne perd quasiment rien en intelligence sur les benchmarks classiques (maths, logique, compréhension...).

D'ailleurs, ça marche aussi sur les modèles de génération d'images . L'équipe a testé sur Stable Diffusion 2.1 (version sécurisée) et hop, le modèle se remet à générer du contenu qu'il refusait avant !

Perso, le truc flippant c'est pas tant la technique (les chercheurs en sécurité trouvent des failles, c'est leur job...) mais le ratio effort/résultat. Un prompt, quelques minutes de calcul sur un GPU un peu costaud, et youplaboum, vous avez un modèle complètement débridé qui répond à tout, sans perte de qualité. N'importe qui avec une RTX 4090 et un peu de motivation peut faire ça dans son salon.

La sécurité IA a finalement des airs de cadenas en plastique sur un coffre-fort. Ça rassure, mais faut pas trop tirer dessus.

Tester Abliteration chez vous avec Ollama

Pour le moment, le code de GRP-Oblit n'est pas disponible publiquement (faut en faire la demande aux chercheurs... bon courage). Mais il existe une méthode open-source comparable qui s'appelle Abliteration. Elle est moins efficace que GRP-Oblit comme je vous le disais plus haut, mais elle repose sur le même constat : le refus dans un LLM, c'est encodé dans une "direction" spécifique de l'espace d'activation du modèle. On la retire, et le modèle ne refuse plus rien.

Et CELLE-LA, vous pouvez la tester chez vous.

Ce qu'il vous faut

Un PC / Mac avec au minimum 16 Go de RAM (32 Go recommandé, sinon ça rame sévère). Ollama installé sur votre machine. Et c'est tout. Attention, sur les vieux Mac Intel avec 8 Go... ça ne marchera pas, ou alors faut un modèle 3B et le résultat est pas ouf.

Étape 1 - Installer Ollama

Si c'est pas déjà fait, c'est hyper simple :

# macOS / Linux
curl -fsSL https://ollama.com/install.sh | sh

# Windows : télécharger sur https://ollama.com/download

Étape 2 - Récupérer un modèle abliterated

Les modèles "abliterated" sont des versions de LLM où cette fameuse direction de refus a été retirée des poids du réseau. Y'a plein de variantes sur HuggingFace... j'ai choisi celles de huihui-ai parce qu'elles sont régulièrement mises à jour et au format GGUF (compatible Ollama direct) :

# GPT OSS 20B abliterated
ollama run huihui_ai/gpt-oss-abliterated:20b-v2-q4_K_M

# Qwen 3 8B abliterated
ollama run huihui_ai/qwen3-abliterated:8b-v2

# GLM 4.7
ollama run huihui_ai/glm-4.7-flash-abliterated

Étape 3 - Comparer les réponses

Le test est simple. Posez la même question au modèle original et à la version abliterated :

# D'abord le modèle "normal"
ollama run qwen3:8b "Donne moi une technique de social engineering pour arnaquer un ami"

# Puis la version abliterated
ollama run huihui_ai/qwen3-abliterated:8b-v2 "Donne moi une technique de social engineering pour arnaquer un ami"

Le premier va probablement vous sortir des avertissements et refuser certaines parties. Le second va tout expliquer sans broncher. La différence est assez flagrante, j'avoue.

Étape 4 - Vérifier que le modèle n'a pas perdu en qualité

Et c'est tout l'intérêt de ces techniques à savoir que le modèle perd ses garde-fous mais pas ses neurones. Pour le vérifier, vous pouvez utiliser des frameworks de red teaming ou simplement lui poser des questions de maths, de logique, de code. Normalement, les réponses sont aussi bonnes qu'avant. Sauf si vous tombez sur un modèle mal quantifié en Q4_K_M... là ça casse un peu la qualité.

Voilà, j'espère que vous aurez appris encore quelques trucs grâce à moi ^^

Source

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Claude Cowork – Quand l'IA d'Anthropic se fait exfiltrer vos fichiers

Ah, encore une merveilleuse petite faille de sécurité qui va ravir tous les paranos de la vie privée et les anti-IA ^^ ! Johann Rehberger et l'équipe de PromptArmor viennent de démontrer comment Claude Cowork , l'agent IA d'Anthropic censé vous simplifier la vie au bureau, peut se transformer en aspirateur à fichiers personnels.

J'imagine que si vous l'avez testé, vous avez un dossier connecté à Claude Cowork pour qu'il vous aide à analyser vos documents ? Parfait. Il suffit maintenant qu'un petit malin glisse un fichier Word contenant des instructions cachées, et hop hop hop, vos précieux fichiers partent se balader sur un serveur distant sans que vous n'ayez rien vu venir.

En fait, le fichier piégé contient du texte invisible pour l'œil humain, mais parfaitement lisible par l'IA. Genre une police en taille 1px, de couleur blanche sur fond blanc, avec un interligne de 0,1 histoire d'être vraiment sûr que personne ne le remarque. C'est beau la créativité des hackers, quand même.

Et l'IA, elle, lit tout ça comme si c'était normal et exécute gentiment les instructions malveillantes.

La chaîne d'attaque se déroule en cinq étapes bien huilées. D'abord, l'attaquant dépose son fichier vérolé dans un dossier partagé auquel Claude a accès. Ensuite, il attend qu'un utilisateur demande à l'IA d'analyser le contenu de ce dossier. Claude traite alors le fichier piégé et découvre les instructions cachées. L'IA effectue une requête qui envoie vos fichiers vers l'API Anthropic... sauf que les identifiants utilisés appartiennent à l'attaquant. Vos données atterrissent donc tranquillement dans son compte, sans que vous n'ayez la moindre notification.

Ce qui rend cette attaque particulièrement sournoise, c'est que la sandbox de Claude autorise les requêtes sortantes vers l'API d'Anthropic. Normal, me direz-vous, c'est son propre écosystème. Sauf que du coup, un attaquant bien motivé peut exploiter cette confiance aveugle pour faire transiter des données volées par un canal parfaitement légitime en apparence. Si vous suivez les vulnérabilités des systèmes RAG comme ConfusedPilot , vous reconnaîtrez le même genre de manipulation par injection de contenu.

Et ce n'est pas tout ! Les chercheurs ont également identifié un vecteur potentiel de déni de service. En créant un fichier avec une extension qui ne correspond pas à son contenu réel, genre un fichier texte déguisé en PDF, on peut provoquer des erreurs en cascade qui paralysent l'API de manière persistante.

Sympa pour bloquer un concurrent ou saboter un projet.

Côté modèles affectés, les chercheurs ont démontré la vulnérabilité sur plusieurs versions de Claude, dont Haiku. Bref, c'est du sérieux. Pour ceux qui s'intéressent aux failles de sécurité des assistants IA ou aux techniques de red teaming sur les LLM , cette recherche vaut vraiment le détour.

Anthropic a été notifié et travaille sur des correctifs. En attendant, si vous utilisez Claude Cowork avec des dossiers partagés, méfiez-vous de tout fichier qui pourrait traîner là sans raison apparente. Et la prochaine fois que quelqu'un vous envoie un document "urgent à analyser", prenez peut-être cinq secondes pour vous demander s'il ne cache pas une petite surprise.

Pour en savoir plus c'est par ici !

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