Vous vous souvenez de
Stitch, l'outil de Google Labs
qui transformait vos gribouillis d'enfant de maternelle en interfaces pour votre prochain site de dropshipping à plusieurs millions ?
Hé bien la bestiole a sacrément grandi depuis septembre dernier avec un canvas infini (comme l'univers et la connerie humaine, hein), un agent de design dopé, et même un mode voix, prototypage instantané... Cette mise à jour transforme enfin ce prototype d'outil en une vraie plateforme de design, propulsée par les derniers modèles Gemini. Et c'est toujours gratuit ! Avec Google, je ne suis pas surpris... s'ils veulent bouffer Figma, Canva et tous les designers du monde, y'a pas le choix.
Tout d'abord, l'interface a été entièrement repensée autour d'un canvas spatial infini de type node-based. Vous pouvez y balancer des screenshots PNG, du code React, un brief Notion de 10 pages, et cela permet à l'IA de "raisonner" sur l'ensemble du contexte. Y'a aussi un "Agent Manager" qui permet de lancer plusieurs directions de design en parallèle, chacune avec son propre agent. Genre vous explorez 3 variantes de landing page pendant que le café coule !
Le truc le plus dingue, c'est le mode voix dont je vous parlais qui est encore en preview mais que je trouve très prometteur. En gros, vous parlez à
Stitch
, il "voit" ce sur quoi vous bossez et ce que vous cliquez, puis il modifie le design en temps réel. "Change-moi ce menu", "montre-moi 3 palettes de couleurs"... et voilà c'est torché. Il peut même vous interviewer pour comprendre vos besoins et générer un brief produit directement sur le canvas. Franchement, j'ai testé, et même si la dame IA parle en anglais, on peut lui causer en français et elle capte et fait les modifs, donc c'est top !
Piloter une maquette à la voix pendant qu'on griffonne des notes sur un carnet, c'est le genre de workflow qu'on ne voyait nulle part il y a encore quelques mois. Et ce fichu "vibe design" qu'on nous vend depuis l'arrivée des outils comme v0 ou Bolt, Google l'attaque par un angle différent. Ce n'est plus juste du code généré, mais un vrai environnement de création visuelle avec des agents qui bossent pour vous dans la joie et la bonne humeur.
Côté prototypage, un clic sur "Play" et vos maquettes statiques deviennent un prototype interactif. La plateforme connecte donc automatiquement vos écrans dans un ordre logique, et si vous cliquez quelque part où il manque un écran, il le génère à la volée. D'ailleurs, ça va plus loin que le prototype cliquable... l'outil peut maintenant cracher une app React fonctionnelle, exportable vers AI Studio (l'atelier IA de Google) !
Et tiens, le petit détail qui va parler aux devs : le concept DESIGN.md. C'est comme un README.md mais pour le design. Celà permet pour chaque projet de démarrer automatiquement avec un design system cohérent (adieu les boutons qui changent d'un écran à l'autre), et ces règles sont partagées via un fichier lisible par d'autres outils grâce à un SDK et un
serveur MCP
. Du coup voilà, fini les allers-retours Figma-Slack sur la bonne nuance de bleu.
Pour ceux qui avaient testé la première version et trouvé ça un peu brut, bah c'est un autre animal quoi, donc allez jeter un oeil. C'est sur
stitch.withgoogle.com
, gratuit, accessible dans plus de 200 pays avec un compte Google (mais pas forcément toutes les fonctions partout).
Pour ma part je pense que je vais l'utiliser parce que de toute façon je fais tout moi-même maintenant, depuis plusieurs années, et que je suis toujours à la recherche de nouvelles idées pour rendre les choses un petit peu plus jolies. Et ce genre d'outil me permet de traduire ma diarrhée mentale sans jargon technique en quelque chose de concret et d'utilisable dans le monde réel. J'ai pas besoin de plus.
Voilà entre le mode voix et l'export React, j'avoue que Figma a du souci à se faire...
Un TUI en Rust pour gérer vos coffres Obsidian sans quitter le terminal c'est ce que propose Basalt qui détecte automatiquement vos vaults, affiche le markdown avec un rendu visuel, et depuis la v0.12.3, y'a même un mode vim intégré. Le tout sans avoir besoin que la vraie app tourne en arrière-plan !
Et c'est là toute la différence avec
le CLI officiel d'Obsidian
dont je vous parlais il y a quelques jours. Car le CLI a besoin de l'app qui tourne via un socket local. Basalt, lui, lit en fait vos fichiers .md directement sur le disque. Du coup, ça marche en SSH, sur un serveur headless, ou sur n'importe quelle machine où vous avez juste vos fichiers markdown. C'est carrément pratique !
L'installation se fait en une commande :
cargo install basalt-tui
Au premier lancement, l'outil va alors chercher automatiquement vos coffres en lisant le fichier de config (sous macOS c'est dans ~/Library/Application Support/obsidian/obsidian.json). Comme ça, hop hop, vos vaults apparaissent, vous naviguez au clavier et vous passez d'un coffre à l'autre avec Ctrl+G. Vous pouvez aussi passer par
aqua
ou télécharger un binaire pré-compilé sur la page releases si vous préférez.
Basalt en action, navigation dans un vault Obsidian
Vous ouvrez alors une note et le markdown s'affiche avec un rendu visuel : les # disparaissent au profit d'indicateurs plus colorés, les blocs de code ont un fond distinct, les callouts > [!NOTE] sont reconnus, et les wiki-links [[Ma Note]] sont également parsés. D'ailleurs, quand vous renommez une note avec r, tous les wiki-links qui pointent vers elle sont mis à jour automatiquement dans tout le vault. Pas de search-replace à la main, ça fait toujours du bien !
Après faut pas s'attendre à un clone complet non plus. Y'a pas de rendu pour le gras, l'italique ou les tableaux. Pas de recherche dans les notes. Pas de graph view. L'éditeur intégré est expérimental (pas d'undo, pas de copier-coller, pas de sélection). C'est assumé de ce que j'ai pu voir, car le projet se présente comme un compagnon minimaliste.
Et c'est justement pour ça que le mode vim est le bienvenu, à vrai dire. Vous pouvez activer ça dans votre config TOML comme ceci :
vim_mode = true
Le mode vim en action dans Basalt
Et là vous avez hjkl pour naviguer, gg / G pour sauter en haut et en bas, w / b pour les mots, i pour l'insertion. C'est pas forcément aussi complet qu'un vrai vim, mais franchement, pour parcourir vos notes c'est agréable.
Le vrai kiff, c'est la config TOML qui permet de lancer un éditeur externe sur la note en cours :
Du coup, le workflow devient : Basalt pour naviguer et lire et un raccourci clavier pour ouvrir dans vim (ou n'importe quel éditeur) quand vous voulez éditer sérieusement. C'est le genre de combo qui fonctionne bien quand vous bossez en
full terminal
.
Le projet est sous licence MIT, écrit en Rust avec ratatui, et tourne sur Linux, macOS et Windows. Tiens, la v0.12.3 ajoute aussi la création de notes et dossiers directement depuis l'explorateur avec n et N... Ça avance plutôt vite comme projet !!
Voilà, si vos notes vivent dans des coffres et que le terminal c'est votre habitat naturel,
Basalt
fera bien le boulot.