Prise en main du Realme 16 Pro+ : 2 gros atouts dans la manche pour ce smartphone abordable
Le marché des smartphones de milieu de gamme est le terrain de jeu favori de Realme. Il s’agit d’un segment particulièrement convoité ces derniers temps et les marques s’y livrent une concurrence féroce. C’est dans ce contexte de guerre ouverte que Realme lance son nouveau 16 Pro+.
Il s’agit de nouveau d’un smartphone dont la marque affirme qu’il est capable de rivaliser avec des références établies comme le Google Pixel 10a, le Samsung Galaxy A57, les Nothing Phone 4a/4a Pro et la ribambelle de Xiaomi dans cette zone tarifaire. Le concept du nouveau venu tient en quelques mots : un capteur principal de 200 mégapixels, un téléobjectif dédié, une batterie massive de 7 000 mAh et un design signé Naoto Fukasawa. Une recette séduisante sur le papier. Voyons si elle tient ses promesses à l’usage.

Avant de poursuivre, notez que le Realme 16 Pro+ est commercialisé en deux configurations. Au lancement, la version 8/256 Go s’affiche au prix public conseillé de 529 euros, tandis que celle en 12/512 Go atteint 599 euros.
Sans surprise en 2026, le chargeur rapide n’est pas fourni dans la boîte. Vous y trouverez tout de même un câble USB-C vers USB-A, une coque en silicone transparente, l’outil d’extraction SIM et la notice.
Le design et l’ergonomie
Pour ce 16 Pro+, Realme a de nouveau fait appel au designer japonais Naoto Fukasawa, déjà à l’œuvre sur les GT 2 Pro et GT Master Edition. Son travail se concentre ici sur les matériaux. Le dos est ainsi recouvert d’un silicone organique biosourcé d’après la marque et fabriqué à partir de paille végétale. Sous les doigts, la sensation se révèle très agréable. C’est doux, ça ne glisse pas et ça résiste remarquablement bien aux traces de doigts.

Le coloris Gris Profond de notre exemplaire de test s’avère aussi sobre qu’élégant, tandis que le Master Gold confère à l’appareil un aspect presque luxueux, sans tomber dans l’excès. Quant à la durabilité de cette finition dans le temps, difficile de se prononcer après quelques semaines d’usage seulement.

Le bloc photo arrière s’intègre dans la continuité du dos grâce à une pente douce et une platine carrée polie façon miroir. Le résultat est élégant. Posé à plat, le smartphone reste assez stable malgré la légère surélévation du module. L’écran incurvé sur les quatre bords adoucit de son côté les tranches.

Les dimensions restent raisonnables pour un 6,8 pouces, avec 162,5×76,3 mm, pour 8,49 mm d’épaisseur et environ 200 grammes sur la balance. Ce n’est certes pas le plus fin du marché, mais la prise en main demeure confortable. Un autre bon point est à aller chercher du côté de la certification IP68/IP69K, assez rare à ce niveau de prix. Elle garantit une résistance à l’immersion et même aux jets d’eau sous pression. Même si soumettre l’appareil à un nettoyage au Kärcher n’est sans doute pas la meilleure des idées.

Il y a tout de même deux (petits) bémols ergonomiques à signaler. D’abord, le lecteur d’empreintes optique placé sous la dalle, que nous trouvons positionné un peu trop bas. On finit par s’y habituer. En revanche, le moteur haptique nous a davantage irrités sur la durée. Ses vibrations manquent clairement de finesse et évoquent plutôt celles d’un smartphone d’entrée de gamme.
L’écran
L’affichage est confié à une dalle AMOLED LTPS de 6,8 pouces, pour une définition de 1 280×2 800 pixels (environ 450 ppp). Le taux de rafraîchissement grimpe jusqu’à 144 Hz, même si en pratique nous n’avons que rarement dépassé les 120 Hz lors de notre utilisation. Notez que la technologie LTPS, moins coûteuse que le LTPO, ne permet pas de descendre à 1 Hz. La dalle fonctionne donc par paliers (60, 90, 120, 144 Hz), ce qui pèse un peu sur la consommation en mode Always On.

Côté luminosité, Realme annonce un pic à 6 500 nits. Cette valeur correspond à une mesure très localisée en pic HDR. Nous attendrons les résultats de notre Labo Fnac avant de nous prononcer sur les performances de cette luminosité, et de l’écran en général d’ailleurs. Ce que nous pouvons d’ores et déjà vous dire, c’est qu’à l’œil nu, cet afficheur ne pose aucun problème de lisibilité, tant en intérieur qu’en extérieur d’ailleurs.
La colorimétrie se montre de son côté plutôt juste. En mode naturel, traditionnellement le plus juste en matière de rendu des couleurs, la température semble tirer très légèrement vers le chaud.
Les performances
Sous le capot, on retrouve le Snapdragon 7 Gen 4 de Qualcomm, gravé en 4 nm. La puce est associée à 12 Go de RAM LPDDR5X et 512 Go de stockage UFS 3.1 sur notre modèle de test. Le GPU est un Adreno 722. Sur le papier, c’est un ensemble cohérent pour un smartphone positionné juste en dessous du haut de gamme.
En benchmarks, les résultats varient un peu selon les versions des outils utilisés, mais tournent globalement autour de 1 300 points en monocœur et 4 000 points en multicœurs sur Geekbench 6. Le score AnTuTu oscille quant à lui entre 875 000 et 1 400 000 points selon la version du benchmark (v10 ou v11). En 3D (Wild Life Extreme), le GPU affiche un peu plus de 2 000 points. Des chiffres corrects, sans être foudroyants pour un smartphone à ce tarif.
D’après nos observations, Realme a volontairement choisi de brider légèrement les fréquences du processeur. Avec un objectif clair : limiter la chauffe et préserver l’autonomie. Au quotidien, ce choix se traduit par une fluidité sans reproche dans la navigation, les applications de messagerie, la consultation web et le multitâche courant. L’interface ne souffre d’aucun ralentissement perceptible.

En revanche, ce n’est pas la même chanson pour le jeu vidéo. Nous avons évidemment testé l’appareil avec les titres les plus gourmands et les plus populaires du moment. Sur Genshin Impact en qualité maximale, le framerate oscille entre 50 et 60 i/s, avec des chutes ponctuelles sous les 50 i/s. Fortnite en mode 60 i/s et qualité élevée tourne entre 50 et 60 i/s, avec parfois quelques baisses plus marquées. Même chose pour Call of Duty Mobile qui tourne correctement dans ses réglages les plus élevés, mais qui n’est pas non plus d’une fluidité à toute épreuve et pousse clairement le téléphone dans ses retranchements. Le résultat est dans l’ensemble convaincant pour un usage occasionnel, mais les joueurs assidus risquent de trouver cela un peu juste.
Après une trentaine de minutes de jeu intensif, la chaleur devient perceptible, mais jamais gênante. La gestion thermique fonctionne donc bien et la chambre à vapeur remplit son rôle. D’autant que le dos en silicone atténue la sensation de chaleur.
Puisque nous en sommes à parler des performances, évoquons aussi celles qui ne sont pas directement liées au processeur ou à la puce graphique. Nous avons en effet été assez déçus de constater que le port USB-C n’est qu’au standard 2.0, ce qui rend les transferts de fichiers volumineux assez pénibles. Quant au Wifi, il se limite à la norme 6, alors que le Wifi 6e aurait été le bienvenu à ce tarif.
L’interface utilisateur
Une fois le smartphone allumé, c’est Android 16 avec la surcouche Realme UI 7.0 qui accueille l’utilisateur. Si vous avez déjà manipulé un smartphone Oppo ou OnePlus récent, vous serez en terrain connu. L’interface est en effet quasi identique à ColorOS. Ce qui est loin d’être une mauvaise nouvelle, car cette surcouche est l’une des plus abouties du marché Android. Elle croule en effet sous les options de personnalisation (thèmes dynamiques, fonds d’écran avec profondeur de champ, dossiers en grande taille sur l’accueil, gestes de raccourci variés). Pour ne rien gâter, la navigation se montre très fluide.

Un point noir récurrent chez Realme s’invite de nouveau dans ce smartphone, à savoir les applications préinstallées. Au premier démarrage, nous avons dû faire le ménage parmi les apps partenaires (Temu, TikTok, Netflix, Booking, AliExpress, quelques jeux…). Cela n’a rien de dramatique toutefois, dans la mesure où elles se désinstallent sans aucune difficulté. Cependant, c’est toujours du temps perdu pour rien.

Passons maintenant à un sujet très tendance : l’intelligence artificielle. Il ne vous aura sans doute pas échappé qu’elle occupe une place de plus en plus importante dans nos smartphones. Le Realme 16 Pro+ n’échappe pas au phénomène. Contrairement à d’autres concurrents, la marque a su doser et injecter l’IA intelligemment. D’abord, l’ensemble est regroupé sous la bannière NEXTAI.
On en trouve dans la retouche photo, avec le « Génie de la modification IA », propulsé par le modèle Nano de Google, qui permet d’énoncer des requêtes textuelles pour transformer ses clichés : changer l’arrière-plan, rhabiller un sujet, modifier des détails. Le résultat est souvent bluffant… et parfois approximatif. La gomme IA et la suppression des reflets fonctionnent bien. Un entraîneur de jeu IA dispense des conseils en temps réel sur trois titres. Il s’agit là d’un gadget qui amusera un peu certains, sans plus.
Côté suivi, Realme annonce cinq ans de mises à jour Android et six ans de correctifs de sécurité. C’est dans la moyenne du marché, mais en retrait par rapport aux cadors comme Samsung ou Google qui font mieux avec sept ans.
Photo et vidéo
Le module photo du Realme 16 Pro+ repose sur trois capteurs arrière. Le principal embarque un Samsung ISOCELL HP5 de 200 mégapixels (1/1,56″, f/1,8) avec stabilisation optique. Le téléobjectif utilise un Samsung ISOCELL JN5 de 50 mégapixels (zoom optique x3,5, f/2,8, OIS). L’ultra grand-angle se contente d’un capteur de 8 mégapixels (f/2,2, 112-115°). En façade, un capteur de 50 mégapixels (f/2,4) sans autofocus assure les selfies.
De jour, le capteur principal livre des clichés d’une qualité que nous n’attendions pas à ce niveau de prix. Le piqué est très bon, les couleurs sont fidèles et la plage dynamique gère correctement les écarts entre zones d’ombre et de lumière. Le mode 200 Mpx produit des fichiers volumineux, sans gain flagrant de détails à l’écran du smartphone. En revanche, le zoom numérique x2 (recadrage dans le capteur principal) donne des résultats remarquables, quasi indiscernables d’une photo plein capteur.

Le téléobjectif x3,5 constitue lui aussi l’une des bonnes surprises de ce test. Les images sont nettes, détaillées, avec une colorimétrie cohérente par rapport au capteur principal. Le mode portrait tire particulièrement parti de cette focale de 80 mm, avec un détourage précis, un bokeh progressif et des teintes de peau bien respectées. Le zoom reste exploitable jusqu’à x7, voire x10 si l’on n’est pas trop exigeant. Au-delà, le lissage devient trop visible. Enfin, le zoom maximal de x120 relève davantage du gadget que de l’outil photographique.
De son côté, l’ultra grand-angle est, sans surprise, le maillon faible de l’ensemble. Avec seulement 8 mégapixels, le manque de piqué se fait sentir dès que l’on zoome dans l’image. De jour, les clichés restent lisibles et les déformations bien corrigées en périphérie. Dès que la lumière baisse, les résultats chutent nettement. En mode nocturne, ce capteur montre cruellement ses limites.

Justement, lorsque la lumière vient à manquer, le capteur principal s’en sort avec les honneurs. Son mode nuit gère bien les sources lumineuses artificielles, conserve des couleurs fidèles et produit des images suffisamment détaillées pour un smartphone dans cette zone tarifaire. Le traitement logiciel a certes parfois tendance à trop éclaircir la scène, mais le résultat global reste très satisfaisant. Le téléobjectif perd quant à lui logiquement en précision après le coucher du soleil, tout en maintenant une lisibilité correcte jusqu’au zoom x3,5.

La caméra frontale de 50 mégapixels produit des selfies détaillés en journée, avec un mode portrait efficace et un détourage fin. Quand la lumière baisse, le traitement numérique lisse davantage la peau, ce qui peut dénaturer un peu le résultat.
En vidéo, le Realme 16 Pro+ filme jusqu’en 4K à 60 i/s sur le capteur principal et le téléobjectif. L’image est détaillée de jour, avec notamment une belle gestion des contrastes.
L’autonomie et la recharge
C’est sans aucun doute ici que le Realme 16 Pro+ se démarque le plus de la concurrence. Il débarque en effet avec une énorme batterie de 7 000 mAh silicium-carbone, qui offre une excellente endurance. En usage mixte (navigation, messagerie, réseaux sociaux, un peu de photo, streaming ponctuel), nous avons systématiquement atteint les deux jours complets sans chercher de prise électrique. Lors des journées plus intenses, mêlant jeu, GPS sur le scooter, scroll sur les réseaux sociaux et sessions de streaming vidéo prolongées, la batterie a tenu largement la journée avec encore environ 25 à 30 % à l’heure d’aller au lit.

Du côté de la recharge, c’est en revanche un peu moins folichon. Le smartphone est certes compatible 80 W, mais uniquement avec le chargeur SuperVOOC dédié… non fourni, rappelons-le. Avec ce dernier, vous pouvez viser un passage de 0 à 50 % en un peu moins de trente minutes, et une charge complète en un peu plus d’une heure. Comme il y a fort à parier que peu d’acquéreurs du 16 Pro+ vont se fendre d’une cinquantaine d’euros supplémentaires pour se procurer ce chargeur SuperVOOC dédié, les temps de recharge devraient être significativement plus longs pour la majorité des utilisateurs.
Enfin, gardez à l’esprit que ce modèle ne propose aucune charge sans fil. Il s’agit d’un choix assumé par Realme, qui privilégie la capacité de la batterie et le tarif.




