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Neocities - Bing blackliste 1,5 million de sites et s'en tape

Par :Korben
5 février 2026 à 21:13

Je vous en parlais y'a pas longtemps, Neocities c'est cette plateforme qui fait revivre l'esprit GeoCities avec ses sites web persos pleins de GIFs qui clignotent et de fonds étoilés. Eh ben les galères continuent pour eux... et ça pique.

Car Bing a décidé de bloquer purement et simplement les 1,5 million de sites hébergés sur leur service. C'est le domaine ENTIER neocities.org qui a été viré de l'index du moteur de recherche de Microsoft et du coup, tous les sous-domaines des utilisateurs avec, en fait. D'ailleurs, c'est pas la première fois puisqu'un blocage similaire avait déjà eu lieu l'été dernier, soi-disant résolu après un contact avec Microsoft.

Kyle Drake, le fondateur, a vu son trafic Bing passer d'environ 500 000 visiteurs par jour à... zéro. Et en cherchant "Neocities" sur Bing, y'a juste un site copycat qui apparait en bonne place. D'ailleurs c'est possiblement du phishing donc gaffe à vous !

Après avoir découvert de ce qu'il se passe, Drake tente de contacter Microsoft pour régler ça. Il soumet alors une douzaine de tickets via les Bing Webmaster Tools. Sauf que derrière, y'a personne. Enfin si, y'a un chatbot IA qui répond en boucle sans rien résoudre. Le mec a même essayé d'acheter de la pub Bing juste pour avoir un être humain au bout du fil. QUE DALLE !

C'est quand Ars Technica a contacté Microsoft que ça a (un peu) bougé. En 24 heures, hop, la page d'accueil est réapparue dans les résultats de recherche. Sauf que les sous-domaines des utilisateurs, eux, sont toujours bloqués pour la plupart. Microsoft a juste dit que "certains sites violaient leurs règles", sans dire lesquels. Et bien sûr, ils refusent de discuter directement avec la plateforme...

Bing ne pèse que ~4,5% du marché mondial. Mais c'est le moteur par défaut de Windows, et surtout, plein d'autres moteurs (dont DuckDuckGo) s'appuient en bonne partie sur l'index Bing en coulisses. Du coup, c'est pas juste un problème Bing, c'est tout un pan du web qui perd l'accès à ces sites.

Le fondateur le dit lui-même , c'est "un des derniers bastions du contenu humain" sur le web. Pas d'IA slop ni de contenu généré pour gratter du référencement. Neocities, ce sont juste des gens qui font des sites persos chelous, des fanpages, de l'art...etc bref c'est totalement le genre de truc qu'un moteur de recherche devrait mettre en avant à une époque où tout est noyé sous de la bouillie synthétique. Mais bon...

Heureusement que Google continue d'indexer les sites Neocities normalement... ^^

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TikTok est-il en train de remplacer Google ?

24 janvier 2026 à 07:00

Pendant longtemps, chercher une information signifiait ouvrir un navigateur et taper quelques mots-clés dans Google. Une mécanique presque réflexe. Aujourd’hui, ce geste est fissuré. De plus en plus d’utilisateurs (jeunes, mais pas seulement) ouvrent d’abord TikTok sur leur smartphone pour savoir où manger, comment réparer un objet, comprendre une tendance ou préparer un voyage.

L’idée ? Non plus lire une réponse qu’il faudra trouver au milieu d’une liste de liens, mais la voir. Ce basculement discret est le signe d’une mutation profonde de nos usages : la recherche d’information devient visuelle, incarnée, sociale.

Chercher, ce n’est plus lire, c’est regarder

Sur TikTok, on ne « consulte » pas une information, on la traverse. Une vidéo de 30 secondes montre un itinéraire, un plat, un geste technique, parfois mieux que dix paragraphes optimisés SEO où l’information majeure n’est pas abordée avant le cinquième paragraphe afin de gagner du temps de lecture… et donc d’exposition à des bannières de publicité. Parfois pour un résultat très décevant.

La plateforme TikTok, de son côté, a compris très tôt que la recherche n’était pas seulement une question de mots-clés, mais de preuves visuelles et de récits courts. Chez les plus jeunes, cette logique s’impose naturellement. Pourquoi ouvrir Google pour chercher « meilleur café à Lisbonne » quand une série de vidéos permet de voir l’ambiance, les prix, les avis, les commentaires, le tout en quelques secondes ? La réponse est immédiate, située, humaine.

TikTok est-il en train de remplacer Google ?

“Je fais plus confiance à des gens qu’à des liens”

Laura, 20 ans, étudiante en droit, détaille ses habitudes numériques : TikTok d’abord, Google ensuite – parfois pas du tout. Elle résume sa logique ainsi : « Quand je cherche un resto, une idée de sortie ou un conseil pratique, je préfère voir quelqu’un qui y est allé, qui a déjà vécu l’expérience plutôt qu’une page optimisée pour le référencement. Sur TikTok, j’ai l’impression de chercher avec des gens comme moi, pas avec des marques. »

Ce témoignage est le signe de quelque chose d’essentiel : la recherche devient sociale. Elle repose moins sur l’autorité d’un site que sur la crédibilité perçue d’un pair, d’un créateur ou d’une communauté.

L’algorithme comme moteur de recherche implicite

Contrairement à Google, TikTok ne se contente pas de répondre à une requête : il anticipe. L’algorithme propose des contenus avant même que la question soit formulée. On ne cherche plus toujours activement ; on découvre passivement des réponses à des questions qu’on n’avait pas encore formulées. C’est une rupture majeure.

Là où Google organise le Web, TikTok organise l’attention. Cette organisation est profondément personnalisée : deux personnes tapant la même requête n’obtiendront pas les mêmes vidéos. La recherche devient contextuelle, émotionnelle, parfois biaisée – mais redoutablement efficace.

Une information plus accessible… mais plus fragile

Ce nouveau moteur de recherche pose cependant une question centrale : celle de la fiabilité. Sur TikTok, la hiérarchie de l’information repose sur l’engagement, pas sur la vérification. Une vidéo convaincante peut l’emporter sur une information exacte, mais moins spectaculaire. Autant cela aura des conséquences limitées sur le choix d’une terrasse pour boire un verre avec ses amis, autant pour s’informer sur la crise en Iran ou la guerre en Ukraine… L’impact est tout autre.

TikTok vs Google

Pour des recherches pratiques (recettes, bricolage, recommandations locales), le risque est limité. Pour des sujets de santé, de science ou d’actualité, il devient plus sérieux. La plateforme intègre désormais des encarts de contextualisation, mais la logique reste celle de la viralité. Sans compter que de plus en plus de contenus sont créés avec l’intelligence artificielle sans que cela ne soit jamais mentionné. Google, malgré ses défauts, conserve ici un avantage : la traçabilité des sources, la diversité des points de vue, la possibilité de recouper les informations.

Google est-il vraiment menacé ?

Non, pas au sens classique. Google, tant qu’il reste sous cette forme de moteur de recherche, avec sa logique de liens multiples, reste incontournable pour les recherches complexes, professionnelles, documentaires. Mais TikTok grignote un territoire stratégique : celui des usages quotidiens, rapides, incarnés. Là où se forgent les habitudes. Ce n’est donc pas un remplacement, mais une reconfiguration. Le réseau social devient un moteur de recherche du quotidien, du vécu, de l’inspiration. Google reste celui de la synthèse, de l’archive, de la profondeur.

La question n’est peut-être pas « TikTok va-t-il remplacer Google ? », mais « Que devient la recherche quand elle se transforme en flux de vidéos personnalisées ? » Et surtout, sommes-nous prêts à confier notre accès au savoir à des algorithmes conçus avant tout pour capter notre attention ? La bataille du search ne fait que commencer. Et elle se joue, désormais, en plein écran et scroll infini.

ChatGPT, le nouveau point d'entrée du web

Par :Korben
21 janvier 2026 à 12:14

Bonne nouvelle pour les fans d'IA (et mauvaise pour Google) ! Il semblerait que nos vieilles habitudes de recherche soient en train de changer... Du moins pour ceux qui ont déjà sauté le pas vers du payant.

C'est ce que suggère en tout cas une étude de Bango qui fait pas mal de bruit. Figurez-vous les amis que 72% des abonnés ChatGPT interrogés aux États-Unis ont paramétré en page d’accueil de leur browser le chatbot d'OpenAI.

Pour ces utilisateurs-là, Google n'est donc plus le point de départ automatique...

Après évidemment c'est juste un sondage et c'est "juste" 1400 users payants aux US (donc un public déjà conquis) qui ont répondu mais n'empêche, le signal est fort.

On est passé en quelques années de "Je cherche un truc -> j'en sais rien -> j'invente une réponse fausse mais crédible dans ma tête de boomer, que je vais ensuite répéter à tout le monde comme étant une vérité" à "Je cherche un truc -> Je tape dans Google -> Je scrolle 800 pubs -> J'ai ma réponse mais pas toujours le recul pour recouper l'info".

Et maintenant c'est "Je demande à l'IA -> J'ai la réponse officielle validée par les américains -> Je comprends rien -> elle m'explique comme si j'avais 5 ans et que j'étais trépané".

Hop, terminé !

Bon oui, j'abuse un peu mais vous me connaissez... L'étude montre aussi que 78% de ces mêmes utilisateurs ont installé le widget ChatGPT directement sur l'écran d'accueil de leur téléphone ou de leur tablette.

ChatGPT est devenu leur maison quoi.

Alors bien sûr, comme je vous le disais, Google essaie de muscler son jeu avec Gemini mais l'habitude est déjà prise pour beaucoup. On assiste à un vrai glissement vers le "AI-first" car les gens veulent une réponse et pas une liste de liens renvoyant vers des sites de merde faits par des référenceurs incapables.

D'ailleurs, 75% des sondés affirment aussi vouloir centraliser leurs tâches quotidiennes dans ChatGPT et 74% disent même qu'ils sont prêts à acheter des trucs directement via l'interface. ChatGPT est donc en train de devenir une sorte de super-app qui fait le café... Le rêve de Sam Altman de faire de ChatGPT l'OS de votre vie est peut-être bien en train de devenir une réalité.

Perso, je trouve ça assez dingue. Si vous êtes du genre à utiliser Google pour tout et n'importe quoi, préparez-vous donc au choc. Bien sûr, Google ne va pas disparaître demain matin mais pour les éditeurs de sites qui dépendent du trafic de recherche (pas mon cas, mon trafic est majoritairement du direct), ça promet quelques sueurs froides.

Bref, on n'arrête pas le progrès (ou la flemme, c'est selon) et reste à voir maintenant si cette tendance va se confirmer côté grand public ou rester un truc de niche pour les gens prêts à lâcher 20 balles par mois.

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